Le problème de l'eau est souvent mal posé : il n'est pas le même au Nord et au Sud ! (partie 1)

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L'eau est source de vie, personne ne le niera (notre corps est majoritairement constitué d'eau et nous devons en boire au moins1.5l par jour, les animaux et les plantes en ont également besoin pour survivre).
L'augmentation continue de la population humaine et de ses activités met cette ressource sous pression ; aujourd'hui près d'un tiers de la population mondiale éprouve des difficultés d'approvisionnement quotidien en eau, surtout en eau potable.

Ce que l'on perd souvent de vue, c'est que l'eau est un formidable outil de développement :
  • si la population à accès à de l'eau saine, elle est en meilleure santé et est donc à même de mieux travailler, de contribuer çà son propre développement
  • si les jeunes filles ne sont plus de 'corvée d'eau', elles auront accès à l'éducation, ce qui améliorera d'autant les conditions de vie de leur future famille (soins aux enfants, hygiène, ...). Une meilleure éducation signifie également un meilleur accès à et une meilleure compréhension de l'information d'où une possibilité de plus de démocratie.
  • si une eau est disponible en qualité et quantités raisonnables, l'agriculture peut en bénéficier et l'alimentation des populations locales peut s'améliorer
Mais, si le problème est universel, les solutions sont locales, chaque région a ses spécificités et ses problèmes propres en matière d'eau. La problématique de l'eau est souvent mal posée car on présente souvent des solutions 'globales' à des problèmes locaux : le problèmes de consommation d'eau dans les pays industrialisés n'a rien de comparable à la gestion de l'eau dans la ceinture sahélienne ou dans les zones soumises à la mousson, ...



Dans nos pays industrialisés, au risque de paraître provocateur, le problème n'est pas tant la consommation d'eau que sa gestion ; fermer le robinet lorsqu'on se brosse les dents ou limiter le volume des chasses d'eau n'a pas vraiment de sens car l'eau est disponible et ce ne sont pas les économies que nous ferons en Europe qui changeront quoi que ce soit dans les pays du Sud qui ont à faire face à un déficit hydrique (contrairement au pétrole, l'eau ne se transporte pas sur de longues distances, les quantités nécessaires étant trop importantes et incompatibles avec les sources disponibles).

Si les changements se confirment, il faudra, en particulier que l'agriculture s'adapte car, selon les chiffres de la FAO (voir leur site consacré au problème de l'eau), l'agriculture est responsable de pas moins de 70% de la consommation mondiale d'eau douce. Il faudra, d'une part, adapter les cultures aux nouvelles donnes climatiques (cultures moins exigeantes en eau/irrigation/arrosage) et adapter les techniques d'arrosage/irrigation. En ce qui concerne l'arrosage, il est aberrant de voir l'arrosage automatique en plein soleil alors qu'une partie importante de l'eau n'atteint pas le sol, qu'une autre partie tombe sur les feuilles où elle s'évapore également après avoir provoquer des brûlures à ces mêmes feuilles et, finalement, la température ambiante et celle du sol font qu'une autre quantité importante de l'eau qui a atteint le sol s'évapore avant d'avoir pu s'infiltrer. Programmer les arrosages pour que ceux-ci aient lieu la nuit (ou, en tout cas, hors de la période la plus chaude de la journée) permettrait d'améliorer l'efficacité de ceux-ci et de réduire la consommation d'eau de 30 voire 50 %.
Le Maroc a présenté une pépinière (d'oliviers) pilot ou l'optimisation de l'arrosage en serre et de l'irrigation en plein champ permet une réduction de 90% de la consommation d'eau ; ils envisagent de l'étendre aux 500.000 ha irrigués du pays.

Un autre problème particulièrement important dans les pays industrialisés : l'artificialisation des sols (constructions, routes, parkings, ...) qui empêche les eaux pluviales de pénétrer les sols et de régénérer de la sorte les nappes phréatiques ; au contraire, ces eaux sont concentrées dans les réseaux d'égouttage souvent saturés parce que conçus à une époque ancienne (à Bruxelles, ils ont plus de 100 ans) où la part de sols perméables était nettement plus importante. Ces égouts aboutissent finalement dans des cours d'eau (qui ne peuvent pas toujours accepter ce surplus sans déborder) qui conduisent ces eaux dans les mers/océans où elles continueront à participer au cycle de l'eau sans avoir régénérer les nappes phréatiques. Pourquoi ne pas, d'une part, améliorer la perméabilité des sols - y compris les sols agricoles qui, suite à l'usage intensif d''-icides' sont devenus quasi imperméables- afin de permettre l'infiltration des eaux de pluie ? Et si on revenait aux fossés autour des champs ? ... Il existe des tas de solutions applicables sans frais importants !

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